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PATRICK J. COLLINS

Interview partie 2 :

Un artiste et son travail …

5/ Pour le jeu Revenant (Eidos), vous avez composé l’ensemble de la musique. Pouvez-vous décrire précisément le processus de composition des musiques d’un jeu ?

Non, en fait … J’ai composé en collaboration avec Ronny Moorings, qui écrivait les musiques du groupe Clan of Xymox. Nous nous étions rencontré en 1993, et pendant que je travaillais chez Disney, je savais que Eidos et Cinematix Studios étaient en train de chercher des musiques pour leur jeu « Total Mayhem ». Je les ai accrochés avec Ronny et il leur a donné les musiques pour le jeu. Le prochain projet qu’ils avaient était Revenant et ils m’ont contacté pour savoir si Ronny ou moi voulions faire des musiques pour le jeu. Je pensais alors qu’il serait marrant de travailler avec Ronny que j’avais toujours admiré pour ses musiques avec Xymox. Donc, nous avons signé le contrat, Ronny est venu à Los Angeles et nous nous sommes mis au travail, j’en ai fait quatre et lui trois (d’ailleurs, trois de mes musiques sont disponibles sur mp3.com à
: http://artists.mp3s.com/artists/504/collinator_studios.html ).

6/ Vous avez été un étudiant de l’Institut des Arts de Californie, pouvez-nous nous expliquer le type de formation qu’ils dispensent ?

J’y ai étudié le piano et le chant. Il y a des classes de talent où vous devez être capable de montrer que vous pouvez chanter la musique en utilisant des lancements relatifs (rapport d’une tonalité envers l’autre), variations de rythme en entraînant nos capacités (être capable de lire des rythmes complexes et de les sentir, de subdiviser et de faire de multiples rythmes), théorie de la musique bien sûr … Tout ce genre de choses, puis vous entrez dans des classes qui traitent de votre propre instrument, il y a toute sorte d’improvisations de jazz bien sûr, études d’accompagnement (en jouant du piano avec des chanteurs ou d’autres instruments), études figurées de bass (les techniques baroques tout en étant capable d’improviser dans un accompagnement). Il y a également de nombreux concerts durant chaque semestres où vous pouvez jouer dedans. J’en ai fait très peu de ma propre composition quand j’étais là-bas, je restait concentré sur le développement de mes compétences. J’étais très heureux de les développer pour pouvoir jouer pratiquement toutes les musiques classiques que j’aime tant.

7/ Retour dans le monde des jeux vidéos, pouvez-vous donner des conseils à un jeune compositeur qui voudrait entrer dans l’industrie ?

Tout dépend de qui vous êtes. Si vous ne connaissez personne, c’est très dur. Donc mon conseil est : commencez par vous faire des amis tout en développant votre travail. Faîtes du boulot de qualité et montrez le aux gens que vous rencontrez. Si votre travail est bon, vous pourrez éventuellement faire quelque chose.

8/ Comment voyiez-vous l’industrie du jeu, actuellement et dans le futur ?

Eh bien, j’ai mes entrées avec. Je pense que pendant un moment, il semblait que tout manquait cruellement de substance et que tout était peu profond. J’ai vu ça dans l’industrie du jeu, l’industrie de la musique, les dessins animés et programmes pour enfants, à la TV et dans certains films. Mais il y avait toujours de bons films pour balancer le tout. Je pense qu’au moment où je quittais Disney, j’étais grisé par le monde du jeu parce que tout était en 3D et se concentrait sur les graphismes. Il n’y avait plus d’éléments funs. Cela m’a vraiment laissé coincé dans le temps où les seuls jeux auxquels j’ai joué récemment sont les onze « coin op » de jeux d’arcade que j’ai dans ma maison. Mais récemment, j’ai vu quelques jeux sur PS2 qui sont vraiment beaux, bien qu’en 3d totale et que je haïsse leur interface (manque de contrôle, d’orientation pour savoir où vous êtes en étant capable de voir ce qui est directement dans votre espace de vue). J’ai vraiment envie de dire, ok c’est cool, et bien mieux que ce que j’avais vu dernièrement. J’aimerai aussi dire qu’en ce qui concerne le reste du monde de « l’entertainment », je ne regarde plus tellement la TV mais je pense que le monde du cartoon est en train de s’améliorer depuis que j’ai vu des programmes hilarants sur Cartoon Network comme « adult swim ». Cela m’a fait sentir qu’il y a peut-être un espoir et que la créativité et la qualité vont revenir au niveau de ce que c’était dans les années 80.



Partie 3

 

 

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